20260313

5960 Comme la courbe du méandre

Je te vois 
Rôder autour de moi 
Avec un doux 
Ronronnement ; 
Tandis que tu mordilles 
Mes feuilles tendres 
Et mes pousses, 
Tu passes ta langue 
Sur le bord 
Du bout 
De mes doigts, 
Comme un chat 
Errant 
Qui laisse poindre 
Sa curiosité 
Sur mon balcon.

J’ai compris que j’étais déjà 
Pris dans la trajectoire 
Du désir, 
Dans l’orbite 
De l’envie ardent.

Je m’étais refusé 
A imbriquer des chimères 
Qui auraient des implications 
Pour mon cœur 
Délabré.

Cependant, 
Avec ta croisade 
Vers ma Jérusalem, 
Tu m’as montré par tes actes 
Que le songe 
Est infini, 
Que la parole lancée 
Revient toujours 
Comme un boomerang, 
Que l’illusion est 
Circulaire, 
Que tes yeux et les miens 
Font un match limpide, 
Que le désir est 
Inévitable, 
Comme la courbe du méandre 
Dans les rivières qui bordent 
Le mont Aconcagua.

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